Face à ce qu’il convient d’appeler la boucherie en cours à Gaza, avec au moins 235 journalistes tués depuis l’invasion israélienne, depuis le 7 octobre 2023, l’engagement et la détermination de la journaliste Zareefa Abou Qoura qui continue de couvrir et documenter les derniers développements en Palestine méritent d’être célébrer.
Pour cause, dans un tel contexte bien complexe où l’Israël prend délibérément pour cible les journalistes, elle continue de couvrir la vie quotidienne des Gazaouis. De même qu’elle immortalise les attaques perpétrées contre des centres de distribution alimentaire, entre autres. Aussi, celle qui offre des correspondances à des médias comme The Guardian, Al Jazerra ou encore la BBC, travaille-t-elle sur des reportages d’investigation sur la torture de médecins palestiniens en détention israélienne et l’utilisation de chiens policiers comme armes contre des civiles.
« Le monde n’a aucune idée de ce que signifie être journaliste à Gaza… »
Le dynamisme osé Zareefa a donc convaincu le jury qui n’a pas hésité à la consacrer grande lauréate du ‘’prix Shireen Abu Akleh’’. Un prix qui, à en croire les organisateurs, célèbre plus particulièrement encore, le courage et la détermination des femmes journalistes. « Même si nos chances s’amenuisaient, même quand des collègues qui se tenaient juste à côté de moi ont été tués (...) même quand nos voisins ont commencé à avoir peur de nous, les journalistes, et nous ont demandé de partir, craignant que les bombes ne nous suivent, j’ai continué en tant que journaliste affamée, couvrant la famine des autres, parcourant de longues distances juste pour recharger mon téléphone ou trouver un signal Internet, écrivant mes articles et les envoyant avec mon ordinateur en équilibre sur mes genoux - sans chaise, sans table, rien du tout », a déclaré Zareefa Abou Qoura. « Le monde n’a aucune idée de ce que signifie être journaliste à Gaza, où la plupart des journalistes couvrent la guerre sans gilet pare-balles ni casque — l’équipement de protection le plus élémentaire — parce qu'Israël en interdit l’entrée », a-t-elle poursuivi.
Elle n’a pas manqué de dédier ce prix à ses collègues de Gaza et de toute la Palestine, ainsi qu’aux journalistes au Liban, au Soudan, au Yémen, en Syrie, en Ukraine et dans chaque zone de conflit à travers le monde qui s’arment toujours de courage en continuant par accomplir le très risqué travail de journaliste, malgré tous les dangers.
Le satisfecit des organisateurs
« Une fois de plus, toutes les candidatures que nous avons reçues nous ont montré à quel point les femmes journalistes du monde entier se battent pour protéger le droit du public à l’information et la liberté de la presse », a indiqué, pour sa part, Dominique Pradalié, ancienne présidente de la FIJ et membre du jury du prix.
Et d’expliquer que le courage et la témérité auront été les atouts majeurs qui ont plaidé en faveur de Zareefa Abou Qoura qui, malgré les menaces permanentes, une surveillance et d’attaques ciblées constantes à l’encontre des journalistes, n’a pas fléchi.
« Le choix de la lauréate a été assez évident pour le jury, car il reflète à la fois la qualité du travail journalistique et les conditions exceptionnelles, et clairement dangereuses, dans lesquelles il a été accompli. L’actualité du prix Shireen Abu Akleh ne fait que s’accentuer dans le contexte international, car les journalistes, en particulier les femmes journalistes, sont toujours dans le collimateur, que ce soit au sens propre ou figuré. », a renchéri Zara Nazarian, cofondatrice du prix Shireen Abu Akleh et Secrétaire générale de l'UPF (Ndlr : au moment de la remise du prix).
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