Sans financement. Ni de mécanisme fonctionnel. Encore moins, de considération réelle. Au Togo, le secteur de la culture va mal. Mieux, il est agonisant. Ce constat est celui des artistes et promoteurs culturels qui s’en exaspèrent. Face à ce qui s’apparente, à leurs yeux, ni moins ni plus, à une mise à mort silencieuse du secteur, ces acteurs brisent le silence et expriment leur ras-le-bol. Devant la presse ce mardi 24 février 2026, à Lomé, ils sonnent la mobilisation et lancent l’alerte.
S’achemine-t-on vers des jours mouvementés dans le secteur de la culture au Togo ? Tout porte à le croire, tant les signaux virent au rouge. Face aux caméras et micros, la Fédération Togolaise de la Musique (FTM) n’a pas fait dans la dentelle. La faitière a peint un tableau très peu reluisant de la situation. « Nous avons trop patienté. Les gens sont dans les hôpitaux. D’autres sont malades. D’autres sont en exile. Et ça ne nous honore du tout pas. Il est temps que nous prenons les choses au sérieux pour relever ce secteur qui est à terre », a déclaré Ariel Dassanou, le Président de la FTM.
Au demeurant, plusieurs réalités sont évoquées. Lesquelles, estime-t-il, mettent à mal le secteur. D’abord, l’immobilisme entretenu du secteur qui pénalise les acteurs. En effet, face à l’avancée de la digitalisation, induisant la disparition des supports classiques comme les cassettes, CD et vinyles, y compris les clés USB qui sont presque en voie de disparition, M. Dassanou a expliqué que plusieurs Etats, en solution alternative, ont pensé un mécanisme de juste rémunération en réparation du manque à gagner auprès des artistes.
Ariel Dassanou (au micro), entouré des membres du Bureau exécutif de la FTM
Par ce mécanisme de rémunération pour copie privée, précise-t-il, une taxation est imposée à tout support d’enregistrement qui entre dans le pays. Laquelle rémunération doit être versée à l’organisme de gestion collectif, notamment le Bureau Togolais des Droits d’Auteur (BUTODRA), pour ce qui est du Togo. Ceci, dans le but de booster la vie des artistes.
Malheureusement, relève le Président de la FTM, si ce mécanisme génère annuellement des milliards de F CFA pour le financement des projets culturels dans d’autres pays comme au Burkina Faso qui avoisine 10 milliards F CFA chaque année, triste est de constater que cela n’est nullement une priorité au Togo.
Ensuite, à travers son Président, les artistes musiciens et promoteurs culturels recherchent les traces de trois (03) années d’exercice du Fonds d’Aide à la Culture (FAC). Une ressource qu’ils évaluent à 1,5 milliard de FCFA. « Le nouveau ministre Issac Tchiakpé nous a simplement fait comprendre, lorsque nous avons abordé le sujet avec lui, qu’il ne retrouve pas les traces desdits fonds… », a déclaré devant la presse Ariel Dossanou qui n’a pas caché toute sa désolation. « Tout ceci se passe parce que nous sommes le seul ministère aléatoire qu’on rattache tantôt à la communication, tantôt au tourisme. Pourquoi ? Nous en avons marre ! », se désole-t-il.
« C’est pour ces raisons que nous nous levons pour dire que ça suffit ! », dit-il. Car, estime M. Dassanou, personne ne défend mieux l’image de ce pays que les artistes. « Mais nous avons trop patienté. Et nous disons trop c’est trop. Nous le disons avec clarté et responsabilité. Le temps de l’attente a atteint ses limites. Il est désormais urgent de passer des annonces à l’action », a indiqué ce dernier.
Ainsi donc, après démarches institutionnelles et consultations des organisations membres, la Fédération Togolaise de Musique indique qu’elle communiquera incessamment sur la suite à donner à l’alerte. Mais avant, elle lance un appel pressant à l’ensemble des acteurs culturels à rester unis et mobilisés, puis aux autorités à écouter la voix des artistes.
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