De Lomé à Paris, c'est une affaire qui défraie la chronique actuellement. Alors qu'ils tournaient, au nord du pays, un épisode de l’émission "Les Routes de l’impossible", une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani ont été mis aux arrêts, dans la région de la Kara, ensemble avec Fred Vedomey, le fixeur, de nationalité togolaise.
Si les deux mis en cause Français assurent entrer dans le pays après avoir fait une demande de visa de travail, assortie d’une autorisation de tournage délivrée par le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, ainsi rapportés par RSF, ils seront néanmoins inculpés pour “fausses déclarations” par les autorités togolaises.
N'ayant pas été informée de l'arrivée sur le territoire togolais des deux personnes dont elle dit ignorer aussi bien le statut professionnel que la nature de leur mission au Togo, la Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) se désengage du dossier.
Cela, en respect au Code la Presse et de la Communication en vigueur qui stipule, en son article 20, qu'outre la détention d'une carte professionnelle de presse, les envoyés spéciaux des organes de presse étrangers sont tenus de solliciter et d'obtenir une accréditation auprès d'elle, et qui en transmet copie aux ministères chargés de la Communication et de la Sécurité, argumente l'institution que préside Willibronde Pitalounani Telou.
Dans son communiqué, l'institution de Régulation indique, en conséquence, qu'il importe de "permettre à la justice togolaise de conduire sereinement les procédures en cours et de déterminer, en toute indépendance, les circonstances de la présence des intéressés sur le territoire national, la nature de leurs activités ainsi que, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés".
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani (...) n’ont fait que leur travail
Réagissant sur le sujet, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une procédure qu’elle estime injustifiée, disproportionnée et appelle à la libération immédiate des professionnels de l’information.
«En se rendant au Togo, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, accompagnés, sur place, d'un fixeur togolais, n’ont fait que leur travail en tournant une série documentaire (...) RSF est inquiète par cette situation qui dure depuis plus de 20 jours. L’organisation dénonce une procédure qu'elle juge aussi injustifiée que disproportionnée et appelle à leur libération immédiate», a déclaré Thibaut Bruttin, le Directeur général de RSF.
«Ils se sont rendus au Togo munis de tous les documents officiels»
Du côté de France Télévisions, l'on assure que Gaël et Sebastian sont des professionnels chevronnés et expérimentés qui, de la France au Togo, en passant par l’Indonésie, les Philippines, le Salvador ou le Venezuela, documentent le quotidien des populations pour une série magazine qui, précise -t-on, n’a aucune vocation politique.
«Nous racontons simplement la vie des gens. Ils se sont rendus au Togo munis de tous les documents officiels requis et dans le plein respect des réglementations administratives en vigueur», indique Tony Comiti Productions.
Et si l'on questionnait le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts?
Au regard de tout ce qui précède, il s'avère nécessaire de se poser des questions, somme toute évidentes. Dans un pays, la pratique journalistique est régie par la loi. C'est une évidence.
Dans le cas d'espèce, les mis en cause attestent disposer d'une autorisation officielle pour leur documentaire. Ce que dément la HARC. Dès lors, il paraît important de se questionner sur un certains nombre de faits constituant une zone d'ombre dans le dossier.
Il s'agit notamment de chercher à mieux comprendre le rôle qu'aurait éventuellement joué dans le dossier, le ministère en charge de la Culture et du Tourisme dont le nom serait bien cité par les intéressés, à en croire Reporter Sans Frontières.
En d'autres termes, le ministère de Isaac Tchiakpé a-t-il effectivement délivré une autorisation ou tout autre acte administratif aux trois personnes ? Si oui, de quel type d'acte ou d'autorisation s'agit-il ? Autrement, sur le terrain de la communication, ce ministère dispose-t-il de la préséance sur les autorités de tutelle, notamment le ministère de la Communication et la HARC ?
Mais alors, quelle devrait être le degré de collaboration avec les autres institutions dans la gestion des dossiers du genre, fussent-ils du ressort de la Culture, des Arts et su Tourisme ?
Autant de questionnements non moins superflux qui, à bien des égards, nécessitent une communication officielle dudit ministère. Ceci, afin d'éclairer la lanterne de l'opinion nationale et internationale jusque-là pantoise et actuellement dans l'expectative face à ces déclarations croisées des différentes parties.
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