Une étape annulée, ce n’est pas impossible dans une telle compétition. Mais pour des raisons sécuritaires liées à la présence de «corps étrangers» sur le parcours d’une ville comme Kara, cela peut paraître absurde et incompréhensible...(Extrait Editorial/Flambeau des Démocrates N°883 du jeudi 23 mai 2026
La petite reine des pistes, adoubée, soignée, entretenue et mise sous haute protection rayonne un peu partout sur la planète. Elle se retrouve en perdition dans un véritable creux sur la Terre promise à nos aïeux. Elle n’était pas trop bien portante avec le premier promoteur du Tour du Togo mais, l’on aurait aimé la voir en sa compagnie. On peut tout dire mais le Tour cycliste va rester à jamais orphelin de Francis Ducreux. Chaque fois que les défaillances logistiques et sécuritaires atteindront le summum comme ce fut le cas mardi dernier lors du lancement du 31e Tour.
Une étape annulée, ce n’est pas impossible dans une telle compétition. Mais pour des raisons sécuritaires liées à la présence de «corps étrangers» sur le parcours d’une ville comme Kara, cela peut paraître absurde et incompréhensible. Jusqu’en 2021 où la mort l’emportait, le Tour cycliste du Togo sous Ducreux méritait un profond respect dans toute son organisation avec de grands sponsors. Et depuis son départ, les petits acquis se sont envolés laissant le Tour dans une impasse difficile à gérer par le promoteur local.
Et pourtant, un Tour cycliste c’est la visibilité du pays, c’est la promotion des valeurs culturelles, c’est le seul sport, lequel, en moins de deux semaines vous fait découvrir tout un pays et ses valeurs. Ce n’est pour rien si certains Tours sont restés une référence sur le continent. Les coureurs de différentes nationalités qui prennent d’assaut le Tour du Togo ont un profond respect pour le pays, en retour ils méritent d’être honorés juste par un déroulement normal de la compétition.
Les coureurs togolais, on le sait déjà, sont des «cabris morts». Ils ne gagnent rien en courant pour leur pays, ils ne perdent non plus rien en restant chez eux. C’est donc par passion qu’ils s’investissent pour porter haut les couleurs du pays sur au moins une étape, ce qui leur semble aussi difficile compte tenu des moyens matériels.
Le cyclisme togolais est dans un véritable creux. Le départ de Patrice Ducreux l’y a précipité à un point de non-retour où il affiche les tares à la face de l’Union Cycliste Internationale présente pour évaluer le Tour dans son organisation. Le Tour cycliste du Togo est en train de créer son histoire non pas avec les performances de ses coureurs mais avec le dysfonctionnement de la machine organisationnelle. C’est aussi l’image de toutes les disciplines sportives du pays qui peine à sortir de l’amateurisme.
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